A

       

Abourgios/Aburgius 5

 

Originaire de Césarée de Cappadoce. Haut fonctionnaire dont les postes restent difficiles à préciser : peut-être quaestor sacri palatii ou comte financier vers 371-374, puis comes Orientis en 378 ? Ami du préfet Tatianos. Il est connu par Basile de Césarée (ep. 75, 147,  178,  196, 304).

PLRE I, p. 5.

Seeck 1906, p. 36 ; Petit 1994, p. 23 ; Castello 2012, p. 136.



Alexandre IV/5


Praeses de Thébaïde en 388, nommé par Tatianos, puis préfet Augustal en 390 (CTh. XIII, 5, 18). Il est de culture littéraire et peut-être juridique. Sa religion n’est pas connue.

PLRE I, p. 40.

Seeck 1906, p. 54 ; Petit 1994, p. 29.



Anatolios VI/9


Sénateur de Constantinople et haut fonctionnaire : préfet du prétoire d'Illyricum de 397 à 399. Il a beaucoup aidé Libanios lors de la candidature au Sénat de son fils Cimon.

PLRE I, p. 61-62. 

Seeck 1906, p. 69.



Antiochos VIII/6


Personnage important et influent à la cour de Constantinople. Il a de la culture : peut-être ancien élève de Libanios. Il est païen.  


Il reçoit les lettres 841, 849, 876 et 948.

PLRE I, p. 71. 

Seeck 1906, p. 77 ; Petit 1994, p. 42-43.



Anysios II/2


Il fait partie de l'entourage de Rufin : il doit être assesseur ou officialis du haut fonctionnaire. Il a été l'intermédiaire de la lettre adressée à Rufin (ep. 865), en 388, qui rappelle ses bons services. Il reçoit lui-même les lettres 981 (de 390) et 1029 (de 392). Il pourrait être identifié à un Anysios qui est comes sacrarum largitionum à la cour de Constantinople de juin 416 à mai 419 (CTh. VI, 30, 21.22), identification proposée par O. Seeck et considérée comme plausible par P. Petit.

PLRE I, p. 79-80.

Seeck 1906, p. 78-79 ; Petit 1994, p. 43



Arcadius


Fils aîné de Théodose Ier et d'Aelia Flacilla, Arcadius, né à Constantinople vers 377, est Auguste à partir de 388, puis seul empereur de la moitié orientale de l'Empire à partir de 395, à la mort de son père. Son frère Honorius règne en Occident de 393 à 423. Le règne d'Arcadius est marqué par une rébellion des Wisigoths menés par Alaric dans les Balkans (395), et par une invasion des Huns en Asie Mineure et en Syrie. Un violent conflit entre l'empereur et Jean Chrysostome, patriarche de Constantinople, envenime également les relations avec Rome, le pape et l'empire d'Occident. Arcadius meurt le 1er mai 408.

PLRE I, p. 99-100. 

Cameron-Long 2018 ; Sotinel 2019. 



Argyrios I


Curiale d'Antioche qui appartient à une puissante famille de la cité, très liée à celle de Libanios. Ses membres ont assurés d'importantes liturgies. On connaît Argyrios l'Ancien et son fils Obodianos, ainsi qu'Argyrios le Jeune. Il est possible que l'Argyrios cité dans la lettre 970 appartienne à une quatrième génération de la famille. Peut-être est-il syriarque, d'après l'allusion aux chasses qu'il organise en 390.

Cabouret 2006.



Aristainétos II/2 (Aristénète)


Haut fonctionnaire : il est préfet de la Ville en 392, entre la chute de Proclos (juin 392) et la nomination d'Aurelianus. Né vers 371, il est le fils de Bassianos, cousin de Libanios. C'est un ancien élève de Libanios. Il est peut-être chrétien, car il a été nommé par Rufin, mais ce n'est pas assuré, car Libanios fait de nombreuses allusions aux dieux dans les lettres qu'il lui adresse.

PLRE I, A., p. 104-105.

Seeck 1906, p. 85-86 ; Petit 1956, p. 140, p. 185 ; Dagron 1984, p. 257 ; Petit 1994, p. 48-49.

B


Brasidas II


Brasidas, originaire de Cyrrhos, est influent à la cour dans la fin des années 380-début 390 : c'est alors que Libanios lui écrit. D'autre part, un notarius de ce nom est connu, vers 365, par Athanase, Histoire acéphale, 16. S'agit-il du même personnage ? O. Seeck distingue les deux, le notarius (Brasidas I) et le Brasidas originaire de Cyrrhos, parent de Romulos, et en poste à la cour en 388 où il semble proche de Rufin (B. II).


Libanios lui adresse les lettres 889, 1058, 1074 et 1111.

PLRE I, p. 164-165.

Seeck 1906, p. 97 ;  Petit 1994, p. 55.

C        


Calliopios V/3


Grammairien auprès de Libanios dont il a été le condisciple, il fait ensuite une carrière d'avocat. Il devient magister epistularum des empereurs Théodose et Arcadius en 388. Il appartient à une grande famille curiale d'Antioche, il est le beau-frère de Séleucos et le maître de Cimon. Sa culture littéraire est grande, ce qui explique son poste à la cour. Peut-être à identifier à un Calliopios connu pour avoir fait une édition de Térence (Seeck 1906). Il est païen.

PLRE I, p. 175. 

Seeck 1906, p. 102-103 ; Petit 1994, p. 59-60.



Calliopios 4


Ancien élève de Libanios devenu par la suite l'un de ses « rhéteurs » ou assistants. Seeck en fait par erreur un grammairien. Dans Or. LXII, 35, il est présenté comme se satisfaisant du second rang dans la classe du sophiste alors qu'il serait capable d'y occuper la position principale. Libanios souligne à maintes reprises son caractère agréable, sa grande culture et l'aide inestimable qu'il lui apportait dans son enseignement : l'assistant avait pour fonction de guider les élèves dans leurs lectures des textes anciens, préparant ainsi le travail  du maître en titre et les exercices de composition inspirés par l'étude d'un point technique.

Calliopios meurt en 391. Cette perte, survenue peu après la mort de son fils Cimon, affecte profondément Libanios ; son enseignement subit aussi les effets de cette disparition : sa classe « décline » sans doute parce que les effectifs de ses élèves connaissent alors une baisse.


Calliopios est au coeur des lettres 1051, 1063, 1064.

Seeck 1906, p. 102-103 ; Petit 1956, p. 87 ; Cribiore 2007, p. 36. 



Chrysès II


Médecin, originaire d'Égypte, qui a soigné Cimon lors de l'accident survenu en Cilicie, lors de son voyage de retour de Constantinople à Antioche. Il a ensuite soutenu Libanios dans l'épreuve du deuil. Il est cultivé et versé dans les disciplines littéraires : c'est un véritable humaniste (Pellizzari). 


Il est évoqué dans ep. 1042 et reçoit les lettres 1045 et 1050.

Seeck 1906, p. 107 ; Pellizzari 2017, p. 366. 



Cimon/Arabius II (Arabios)


Fils de Libanios et d'une femme d'origine servile, nommé d'abord Arabios (Arrabios, ep. 960), puis Cimon. Né en 355, il suit l'enseignement de son père et de Calliopos V/3. Libanios aurait aimé en faire un rhéteur, mais le jeune homme devint avocat au service du consularis Syriae

Une loi de Constantin empêchant les enfants nés d'une mère esclave d'hériter de leur père, Libanios tente à bien des reprises d'obtenir une dérogation pour son fils unique ; il salue la loi, appliquée par l'empereur Valens, qui accorde à un enfant illégitime le quart des biens paternels (CTh. IV, 6, 4 de 371). Cette loi est abolie par Théodose, mais la dérogation en faveur de Cimon est confirmée vers 381 (Or. I, 196). Désormais propriétaire des biens paternels, Cimon est attaqué par un curiale influent d'Antioche, Thrasydeos, qui veut le faire inscrire parmi les membres de la curie. Dès lors, Cimon multiplie les démarches pour obtenir un poste dans l'administration et bénéficier ainsi d'une exemption des charges curiales. Soutenu par les recommandations de Libanios, il cherche à entrer au Sénat. En 390, il se rend à Constantinople dans ce but, mais n’obtient pas satisfaction. Le poste de gouverneur de Chypre lui aurait échappé (Or. I, 283). Sur le chemin du retour, Cimon est victime d'un accident de voiture en Cilicie ; grièvement blessé à un pied, il bénéficie de soins sur place, à Tarse, mais succombe à ses blessures quelque temps après son retour à Antioche en 391. Le chagrin de Libanios s'exprime dans plusieurs de ses lettres.


Voir Dossier Cimon.

PLRE I, Arabius, p. 92-93.

Seeck 1906, Arabius II, p. 81-82 ; Petit 1957 ; Petit 1979, p. 250, 274 ; Dagron 1984 (p. 154 sq sur accès au Sénat) ; Petit 1994, p. 66-68 ; Cabouret 2012.



D


Dionysios VI/7

               

Médecin à Antioche. Il pourrait s'agir du médecin cité par Symmaque, Ep. VIII, 64 et IX, 4 (Pellizzari 2013 ; 2017)


Il est cité dans ep. 992.

PLRE I, p. 258

Seeck 1906, p. 122 ; Pellizzari 2013, p.121-122 ; Pellizzari 2017, p. 248, n. 529.




Domninos 2

               

Haut fonctionnaire. Originaire de Larissa, en Syrie, il vient s’installer à Antioche dont il obtient peut-être la citoyenneté (il « n’est pas une petite part de notre cité », ep. 861). Il a sans doute étudié à Antioche. Il aime les discours des sophistes. Il a également fait des études juridiques et a été advocatus fisci, officier financier, avant 388Après avoir exercé, sans doute, d’autres commandements (« il a sauvé des villes », Lib, Or. LVI, 11), il obtient un poste en Asie en 388 : est-ce le vicariat ? Il est sénateur de Constantinople

En 390, il est décédé. C'est, en effet, en 390 que Libanios recommande le fils de Domninos, qui est son élève, à de hauts personnages, car il est menacé de la préture que son père n’aurait pas pu assumer. Domninos avait également une fille, mariée à Antiochus IX. Sa religion est inconnue.

Est-il à identifier à Domnio II comme le pense O. Seeck, qui le confond avec Domnio VI, suivi par la PLRE (Domninus 2) ? Contra Petit 1957 et 1994 ; Pellizzari 2017 qui le distinguent de Domnio II. 

PLRE I, Domninus 2, p. 266-267 ; PGRS, p. 101 (Domninos).

Seeck 1906, Domnio II et VI, p. 124-125 ; Petit 1957, p. 372 ; Petit 1994, Domnio VI, p. 83-84 ; Pellizzari 2017, p. 37.


E        


Ellébichos


Magister militum per Orientem, de 383 à 388 : il siège de fait à Antioche où il devient un familier de Libanios : il lui demande de rédiger son panégyrique en 385. Peut-être est-il originaire de la cité syrienne. L’orthographe du nom est mal assurée chez Libanios (deux λ dans les discours ; un seul dans les lettres). On lit Hellebichus dans le Code Théodosien, d’où Ellebichus chez Pellizzari 2017. Son nom serait d'origine barbare, translittération du germain Alavivus (Pellizzari 2017).

Ce personnage est loué à plusieurs reprises par le rhéteur pour  sa culture et pour sa modération. Alors qu'il se trouve à nouveau à Constantinople, Ellébichos est envoyé par Théodose à Antioche, en 387, après la révolte des statues. Il y a fait preuve de clémence, de tact et de modération, ce qui lui vaut la reconnaissance de la population.


 Libanios lui adresse deux lettres : ep. 868 et ep. 898

PLRE I, Ellebichus, p. 277-278.

Seeck 1906, Hellebicus, p. 167-168 ; Petit 1955 ; Pellizzari 2011a, partic. p. 211-216 ; Pellizzari 2017, p. 51. 

       


Eudaimon I/3


Rhéteur et avocat en Palestine. Originaire de Péluse, en Égypte, il est de bonne famille, mais de fortune modeste. Il est cousin d’Eunomos 2. En 357, il exerce comme avocat à Élusa en Palestine, mais aussi comme rhéteur, d’après plusieurs lettres de Libanios ; son cousin Eunomos y est également rhéteur et avocat. Ce dernier intervient en 360 pour que son cousin obtienne un salaire officiel (basilikè trophè). Eudaimon enseigne à Antioche en 360. Il se rend peu après (fin 360 ou début 361) à Constantinople, puis revient en Égypte. Il est encore mentionné en 392 (ep. 1057). 

Il est également considéré comme poète (ep. 132, 255, 632, 633, 826, 1057). La Souda (Ε., 3407) le décrit comme un γραμματικός, contemporain et correspondant de Libanios ; toujours d’après l’encyclopédie, il serait l’auteur de plusieurs écrits théoriques (dont une τέχνη γραμματική) et de divers poèmes. Selon les classifications parfois contradictoires des sources, Eudaemon de Péluse est tantôt qualifié de professeur de rhétorique, voire de sophiste, tantôt de grammairien. Pour Kaster, il aurait été professeur de grammaire, ce qui n’exclut pas qu’il ait aussi enseigné la rhétorique.

 

Libanios lui  adresse les lettres 167, 255 et 633 ; les lettres 108, 132, 164, 315, 632, 826, 1057 parlent de lui.

 PLRE I, E. 3, p. 289-290 ; PGRS 2015, n° 333, p. 111.

Seeck 1906, E. p. 131; Kaster 1988, n° 55 ; Cribiore 2007, p. 76, 163, 165. 




Eusébios XXII/24 (le sophiste)


Né à Antioche, dans une famille curiale, il est le fils d’Olympios 9, lui-même fils d’Astérios. Sa mère est encore vivante en 388. Il est également neveu d’Eusébios 17, rhéteur. Il a été élève et assistant de Libanios et a prononcé de nombreux panégyriques. Sa réputation d’éloquence est grande : il est souvent dénommé « Eusébios le sophiste », pour le distinguer de ses homonymes. Libanios le traite avec affection et dit de lui qu’il est « son fils » par la rhétorique. Menacé, en 388, de perdre son immunité de sophiste, il est vigoureusement défendu par Libanios. Il obtient finalement confirmation de ce privilège en 390 (ep. 919).


Voir le dossier Eusébios XXII/24.

 PLRE I, E., p. 305 ; PGRS, n° 361, p. 123.

 Seeck 1906, p. 143-144. 




Eusébios XXVII/26 (le haut fonctionnaire)


Haut fonctionnaire, praeses Thebaidos avant 384 et préfet Augustal (préfet d'Égypte) en 385 ; peut-être magister officiorum en 388-390, puisqu'il reçoit et introduit les ambassades ; leur succès dépend donc largement de lui. Comme il a une culture littéraire et de bons rapports avec Antioche, dont il connaît bien les familles en  vue, Libanios s’adresse à lui pour lui recommander les envoyés d’Antioche, mais aussi d'Émèse, ainsi que divers amis ou protégés comme Eusébios le sophiste. Il est peut-être païen. Ce personnage est uniquement connu par des papyrus et par la correspondance de Libanios.


Voir dossier Eusébios XXVII/26

PLRE I, p. 305-306.

Seeck 1906, p. 145 ; Petit 1955, p. 419 ; Norman 1992, II, p. 454-459 ; Petit 1994, p. 100-101. 



Eusébios XXVIII/25


Sophiste, ami de Libanios qui le recommande dans le cadre de sa candidature au Sénat de Constantinople. Il a été choryphée, « chef de choeur », dans la classe de Libanios (cf. ep. 886, 1). Il a pour oncle et père adoptif Gaïos, que connaît et apprécie Proclos

 PLRE I, p. 305 ; PGRS, n° 365, p. 124-125.

 Seeck 1906, p. 145-146. 



Eustathios V/6


Haut fonctionnaire. Originaire de Phénicie (Or. LIV, 4) et possédant des biens à Tyr (ib., 18), il a fait carrière et exercé plusieurs commandements. Parmi ces charges figure celle de comes largitionum per Orientem (plutôt que rationalis summarum d'après Chastagnol, dans Petit 1994), puis d’autres fonctions, non connues, enfin consulaire de Syrie, où il succède à Loukianos et où il reste dix mois. Le fils de Libanios, Cimon, devient, après sa formation rhétorique, avocat auprès du tribunal d’Eustathios (Or. V, 959 ; Or. LIV, 7, 12, 15). Eustathios a reçu la paideia, mais Libanios prétend que sa culture est faible. Il est païen.

Eustathios est présenté comme un ennemi de Libanios et du curiale d’Antioche Romulos (ep. 844) : il se serait acharné contre cet ami de Libanios, curiale ruiné, qu’il aurait manipulé (Or. LIV, 39, 62, 78 et ep. 844). Libanios rédige contre lui le discours LIV  : outre les manœuvres menées contre des curiales, Eustathios aurait accusé Libanios d’avoir souhaité la victoire de Maxime en 388. En réalité, Eustathios applique les lois de Tatianos (cf. Or. LIV, 74) visant à protéger les curies et à lutter contre la fuite des curiales : c’est dans ce cadre qu’il fait faire des enquêtes sur la fortune d’Eusébios, le sophiste, enquêtes auxquelles Libanios est également soumis, et qu’il veut obliger Thalassios à assumer une sitegia. De bonne guerre, Libanios use du procédé de retournement d’accusation : il dénonce l’enrichissement d’Eustathios, ses nombreux pillages et le décrit finalement retiré à Tyr avec le fruit de ses vols (Or. I, 272-273). Petit (1994) explique cette violente animosité de Libanios par la déception éprouvée lors du séjour à Antioche d’Eustathios, qui n’aurait pas honoré ni écouté le sophiste comme celui-ci l’espérait. Le gouverneur n’aurait pas non plus soutenu Cimon comme son père l’aurait voulu (Or. LIV, passim). On peut lire, en effet, dans tous ces textes le ressentiment personnel du rhéteur contre le gouverneur, pour les diverses raisons citées qui ne s’excluent pas les unes les autres. 

PLRE I E. 6, p. 311-312.

Seeck 1906, p. 147-149 ; Petit 1994, p. 101-102.


G


Gessios II/1


Originaire d'Égypte ou d'Antioche, selon Cameron , neveu d’Apellio, il appartient à une famille curiale. C’est un ancien élève de Libanios. Il est peut-être d’abord membre d’un officium (στρατιώτης) en Égypte vers 365, puis professeur d’éloquence, en 391-392 : Chastagnol révisant Petit 1994 se demande s’il ne faut pas distinguer deux Gessios, le στρατιώτης de 365 et le professeur de 388. Seeck distingue lui trois Gessios : 

-Gessios I, ancien élève de Libanios en 355-356,

-Gessios II, originaire d'Égypte, ancien élève puis rhéteur à Alexandrie, mort en 392 

-Gessios III (Flavius Aelius Gessius), praeses Thebaidos en 378, connu par des papyrus. 

Seeck suggère que Gessios III est peut-être à identifier à Gessios II, mais rien dans les lettres de Libanios ne dit que le rhéteur ait, à un moment donné, occupé une charge de gouverneur. 

Comme son origine, sa religion est discutée : païen selon Petit (ep. 948) et Seeck, mais chrétien  selon Cameron, d'après Palladas : selon cet auteur, il aurait été capturé par les païens, enfermé dans le Sérapeion, torturé, puis serait mort.


 Il est mentionné dans les lettres 436, 948, 1524. Il reçoit les lettres 892, 1042.

PLRE I, p. 394-395 ; PGRS, n° 422, p. 146-147.

Seeck 1906, p. 164-165 ; A. Cameron, « Palladas and the Fate of Gessius », Byzantion 57, 1964, p. 279-292 ; Petit 1994, p. 116-117 ; Cribiore 2007, p. 79, p. 271.


H


Helpidios I/4


Notarius et tachygraphe. Il est originaire de Paphlagonie et fils d'un artisan. Il fait ensuite une belle carrière de fonctionnaire jusqu'à atteindre le cercle proche de l'empereur : praeses de Maurétanie Sitifensis en 353, consulaire de Pannonie en 353, préfet du prétoire d'Orient de 360 à la mort de Constance II, en novembre 361. Il est sénateur de Constantinople

Sa culture littéraire est très faible (selon Libanios, mais aussi Ammien Marc., XXI, 6, 9) ; c'est un chrétien. Il est détesté de Libanios, même si depuis 363 et le mariage de son cousin Bassianos avec Prisca, la fille d'Helpidios, les appréciations se font plus favorables, le rhéteur louant « son courage, sa justice et son intégrité » (Petit, 1994).

PLRE I, p.  414.

Seeck 1906, p. 168-170 ; Petit 1994, Elpidius, p. 87-89 ; Cabouret 2012 (sur Bassianos et Prisca).



Hésychios VI/4


D'après des papyrus, Flavius Asclepiades Hesychius. C'est un protégé de Tatianos et, sans doute, est-il plus juriste que littéraire : il devient avocat, puis assesseur et enfin praeses de Thébaïde. Il vient à la cour et semble y avoir de l'influence, vers 393. Ses fils sont élèves de Libanios en 388, et lui-même doit avoir des biens autour d'Antioche dont il est peut-être originaire. Il est païen.


Il est mentionné dans les lettres 854, 855, 856, 894, 946, 995, 1040, 1041, 1082, 1090.

PLRE I, p. 429-430 ; PGRS, n° 491, p. 171.

Seeck 1906, p. 174-175 ; Petit 1994, p. 123-124. 



Honorius 


Fils de Théodose I, frère cadet d'Arcadius, il règne de 395 à 423. Il est né en 384 à Constantinople, du mariage de Thédose avec Aelia Flacilla ; il est élevé au rang d'Auguste en 393, puis en janvier 395, à la mort de Théodose, devient le premier empereur romain d'Occident alors qu'Arcadius règne sur l'Empire d'Orient. Le partage de l'empire est alors définitif. Seulement âgé de onze ans, Honorius est placé sous la tutelle de Stilicon, maître des soldats. Le règne d'Honorius est marqué par les nombreuses menaces venues des peuples extérieurs à l'Empire un temps repoussés par Stilicon, qui est éxécuté en 408 et par des usurpations nombreuses. Sous son règne a lieu le sac de Rome par Alaric, en 410. 



John William Waterhouse, The Favorites of the Emperor Honorius, 1883.

PLRE I, p. 429-430. 

Sotinel 2019, en partic. p. 471-474.



I


Infantios


Fils de Modestos, l'un des plus importants correspondants de Libanios, qui fut comes Orientis entre 358 et 362, préfet de Constantinople à deux reprises, puis préfet du prétoire en résidence à Antioche.

Infantios, élevé à Antioche par Malchos (PGRS n°652, p. 229) et de culture juridique, fait une belle carrière, comme son père. Il est consulaire de Syrie en 390 et comes Orientis en 393 (CJ I, 9, 7).

PLRE I, p. 456.

Petit 1994, p. 135.



Ioulianos XVIII/20


Originaire de Berytos. Beau-père de Celsinos 3.  Il a rempli divers postes officiels et gagné une réputation de probité ; son fils a gagné, en 393 à Antioche, un procès qui les impliquait tous deux.  Il est vraisemblablement païen.


Il a reçu de Libanios les lettres 949, 1083 ; il est mentionné dans les lettres 877, 911 et 983.

PLRE I, Iulianus 20, p. 473.

Seeck 1906, p. 193 ; Petit 1994, p. 143-144.


J


Jamblique 2


Philosophe néoplatonicien et rhéteur, issu d’une lignée de philosophes. Né à Apamée, il est le fils d’Himerios, lui-même frère de Sopatros, et le petit-fils du philosophe néoplatonicien Sopatros d’Apamée. Il aurait reçu son nom en hommage au célèbre Jamblique de Chalcis, qui avait été le maître de son grand-père. Il a étudié au sein de la classe de Libanios. Il a ensuite voyagé, s’est rendu en Cilicie, en Galatie, en Bithynie, à Constantinople, en Grèce et en Macédoine. En 362-363, il a séjourné à Athènes et s’est fait initier aux Mystères d’Éleusis (ep. 801). Puis il s’est retiré dans une maison qu’il avait héritée de son père. Il était encore en vie en 391 (ep. 1007).

Libanios célèbre son éloquence et le présente comme rhéteur (ep. 573), mais aussi comme philosophe (ep. 575) : il aurait étudié le mode de vie des prêtres égyptiens afin de se conduire en philosophe (ep. 1466). Comme sa fortune le dispensait d’exercer un métier pour vivre, il n’était pas obligé d’enseigner la rhétorique à plein temps et il a pu la pratiquer occasionnellement en prononçant des discours ou en rédigeant des traités. La vulgate fait de lui un philosophe néoplatonicien. Une inscription gravée sur un Hermès trouvé sur l’agora d’Athènes fait allusion à un Jamblique, évergète honoré pour avoir financé en partie la réfection des murailles de la ville (SEG XXVIII, 184), mais rien ne permet d’affirmer qu’il s’agit du même personnage ; cela n’est cependant pas exclu.


 23 lettres de Libanios le citent ou lui sont adressées. Il a reçu également une lettre de Symmaque (IX, 2).

PLRE I, J. 2, p. 451-452 ; PGRS, n°511, p. 178.

Seeck 1906, p. 184



Julien (empereur)


Empereur de 361 à 363. Flavius Claudius Julianus, né à Constantinople en 331, est le fils de Jules Constance et le neveu de Constantin Ier.  En 337, à la mort de Constantin, il est le seul à échapper, avec son demi-frère Gallus, au massacre des membres de sa famille. Envoyé en résidence surveillée à Macellum (Cappadoce), il y passe six années et reçoit, auprès de l'évêque Georges de Cappadoce, une éducation chrétienne, mais il est également formé à la paideia, dont les oeuvres figurent dans la bibliothèque de l'évêque. Vers la fin de cette formation, il abandonne secrètement le christianisme et se tourne vers le polythéisme qu'il aborde dans une optique néo-platonicienne.

 Il est fait César en 355 par Constance II et envoyé en Gaule pour lutter contre les Barbares. Il révèle ses talents militaires et remporte de brillantes victoires contre les Alamans (victoire de Strasbourg en 357). Devenu très populaire auprès de ses soldats, il est proclamé empereur par ses troupes en 360, à Lutèce. Constance II refusant de la reconnaître, une guerre se profile et Julien prend la route de l'Orient avec son armée. Mais Constance II meurt brutalement en 361, après avoir  confié à Julien, dernier descendant de Constance Chlore, la pourpre impériale.

 Julien, seul empereur en 361, proclame alors ouvertement son attachement au culte des dieux, mais respecte la liberté religieuse. Ses partisans païens, certains tout récemment convertis (voir Modestos) sont parfois plus virulents et sectaires. Pour les chrétiens, Julien n'est qu'un Apostat. Il passe peu de temps à Constantinople et gagne assez vite Antioche pour préparer une campagne contre les Perses. Ses rapports avec les Antiochéens, dont beaucoup sont chrétiens, sont contrastés et plutôt difficiles. Julien mène une vie austère, c'est un philosophe et un intellectuel qui, sans négliger ses devoirs d'empereur, se consacre à son œuvre : celle-ci est importante et éclaire sur le haut niveau de sa pensée. C'est aussi un païen fervent et un défenseur de l'idéal civique. On comprend l'attachement que lui vouait Libanios. 

Julien part en campagne en mars 363 contre les Perses, mais il meurt en juin 363, à 32 ans,  sous les murs de Ctésiphon. Son oeuvre de restauration païenne ne lui survit pas. 

Lucien Jerphagnon, Julien dit l'Apostat. Histoire naturelle d'une famille sous le Bas-Empire, Paris, 1986 ; Jean Bouffartigue, L'empereur Julien et la culture de son temps, Paris, 1992 ; Sotinel 2019, p. 343-363.



L


Loukianos  6


Consularis Syriae en 388, puis comes Orientis, exécuté en 393 sur ordre du préfet du prétoire Rufin qui l’avait lui-même recommandé à ce poste. Il est fils de Flavius Florentius, et peut-être frère de Florentios 9. Il est probablement chrétien. 

Son gouvernement de Syrie ne fut guère apprécié par Libanios, car il aurait soutenu la claque du théâtre et réduit la marge d’action de la curie. Le rhéteur a composé un discours entier contre lui : Or. LVI ; le gouvernement et la chute de Loukianos sont encore évoqués dans l’Or. I, 269-70. Son gouvernement comme comes Orientis semble pourtant avoir été d’une probité exemplaire : il refusa même une pétition illégale présentée par Euchérios 2, oncle (ou plutôt grand-oncle) de l’empereur Thédose. Cela signa sa chute, car Rufin – réprimandé par l’empereur – fut envoyé à Antioche et le fit exécuter. C’est dans ces circonstances assez dramatiques que Rufin visita, rapidement, la ville.

PLRE I, p. 516-517 ; Lib., Autobiographie, 269-270 ; Or. LVI.

Seeck 1920, p. 84-101 ; Petit 1956, p. 499-503 ; Petit 1994, Lucianus, p. 149-150.


M


Macédonios V/4


Originaire de Cyrrhos, capitale de la Cyrrhestique. Ancien élève de Libanios, il est qualifié de « philosophe » (ep. 871-872) ; curiale, il est, en 388, envoyé en ambassade à Constantinople pour le compte de sa cité. Libanios plaide sa cause auprès de très hauts dignitaires, car les ambassades sont particulièrement éprouvantes, les démarches longues et d'issue incertaine.

PLRE I, p. 526-527 ;  PGRS, p. 227 (Makedonios).

Seeck 1906, p. 199.  



Magnos 7


Médecin et sophiste à Alexandrie, originaire de Nisibe. Il est qualifié d’« iatrosophiste » d’après une épigramme de l’Anthologie grecque rédigée par Palladas sur sa mort (XI, 281 : εἰς Μάγνον ἰατροσοφιστή). Il était assez célèbre pour qu’Eunape lui consacre une biographie dans les Vies des sophistes (XX passim ; XXI, 1, 2) : comme Oribase de Pergame, il fut l’élève de Zénon de Chypre. Son enseignement de la médecine, à Alexandrie, rencontre un tel succès qu’une école publique est créée pour lui : διδασκαλεῖον…κοινόν (Eunape ; Philostorge, HE VIII 10. add. 95). Peut-être est-il aussi l’auteur d’une épigramme sur Galien (Anth. Gr., XVI 270). Il est païen. 

Libanios le mentionne dans la lettre 1208 et lui adresse la lettre 843 à propos du recrutement des athlètes pour les Olympia. Il est peut-être identifiable à Magnos d’Émèse, auteur d’œuvres médicales, qui écrivit en particulier un traité sur l’urine, Περὶ οὔρων (Theophil. Protospatharios, De urin. Prooem. 5. p. 261 éd. I. Deler) ; Magnos d’Émèse est décrit comme meilleur « discoureur » en médecine que praticien (ἰατρὸς μὲν τῶ λόγῶ...), jugement que l’on trouve déjà chez Eunape à propos de Magnos de Nisibe.  

PLRE I, p. 534 ; PGRS, p. 410-411.

Penella 1990.



Mardonios II/2


Eunuque qui fut primicier de la chambre sacrée sous Valens, d'après Zosime. Préposé à la chambre sacrée d'Arcadius en 388. Il est chrétien.

PLRE I, p. 558. 

Seeck 1906, p. 203-204 ; Petit 1994, n° 187.



Maxime (Flavius Magnus Maximus)


Empereur romain entre 383 et 388, considéré a posteriori comme un usurpateur ; il est battu et éliminé par Théodose Ier en 388 (bataille de « la Rivière froide »). Né vers 335, Flavius Magnus Maximus est originaire d'Espagne. Autour de 380, il est nommé comes Britanniarum et combat victorieusement les Scots et les Pictes lors de leur incursion en Bretagne romaine. En Occident, l'opposition que soulèvent Gratien, fils de Valentinien Ier, et sa politique farouchement anti-païenne favorise la promotion de Maxime : les troupes de Bretagne le proclament empereur. 

Maxime se rend maître de toute la Préfecture des Gaules et de l'Espagne. Il est reconnu comme Auguste en 384 dans la préfecture du prétoire des Gaules par les empereurs légitimes Valentinien II, frère de Gratien, et Théodose Ier. Un collège impérial tripartite est reformé pour diriger l'Empire : Maxime à Trèves, Valentinien II à Milan et Théodose à Constantinople. C'est le temps de la concorde des trois Augustes, célébrée par des monnaies. En 387, Maxime occupe toute l'Italie et Valentinien se réfugie à Thessalonique. La guerre civile est engagée :  au terme de la campagne de juillet-août 388, menée par Théodose et Valentinien, Maxime est vaincu et exécuté. Maxime est chrétien.

PLRE I, M. 39, p. 588.

Sotinel 2019.

       


Modératos


Tribun dans une province orientale (selon la PLRE I, suivie par Pellizzari 2017) contra Seeck 1906 : magister militum per Orientem. Libanios le sollicite en faveur de Thalassios. Il est destinataire des lettres 1057 et 1059.

PLRE I, p. 605.

Seeck 1906, p. 213 ; Pellizzari 2011a ; Pellizzari 2017, p. 378-380.

       


Modestos


Domitius Modestus est un haut fonctionnaire, originaire d’Arabie. Comme il a beaucoup résidé à Antioche, il est très lié à Libanios qui lui écrit ou parle largement de lui. On a conservé au moins 68 lettres qui lui sont adressées ou l’évoquent. 

De formation juridique, mais ayant du goût pour l’éloquence, il débute sa carrière comme assesseur du préfet d’Illyricum, Anatolios, en 357. Il est ensuite comes Orientis de mars 358 à 362. En cette année 362, il est sans doute limogé par Julien, – il est chrétien – puis rappelé après l’arrivée de Julien à Antioche (juillet). Modestos a en effet apostasié. On peut aussi supposer que Libanios a su défendre la cause de son ami. Julien le nomme préfet de Constantinople, poste qu’il conserve jusqu’en mars-avril 364. Il l’occupe de nouveau en 379-370, puis devient préfet du prétoire en résidence à Antioche de 370 à 377. Il reçoit le consulat en 372, année du procès en magie dit « de Théodore » qui fait de nombreuses victimes à Antioche et va jusqu’à inquiéter Libanios. Les relations entre les deux hommes se distendent.

Modestos est chrétien sous Constance, païen sous Julien, puis de nouveau chrétien, baptisé dans la foi arienne sous Valens. Il meurt avant 390, comme on l’apprend par une lettre qui évoque son fils, Infantios. Ses qualités d’administrateur sont indéniables, ce qui explique sa brillante carrière et ses nombreuses missions : Libanios loue en particulier sa justice et lui garde son amitié, malgré des réserves sur son manque de soutien aux curies et son goût pour les constructions dispendieuses (portique à Antioche ou demeures privées : ep. 1483). La dernière lettre de Libanios le concernant, en 390, fait l’éloge d’Infantios, digne fils du « noble Modestos » (ep. 987). D’autre sources dénoncent, au contraire, sa brutalité, notamment dans les procès de nature politique de Scythopolis en 359 et d’Antioche en 372 ; Basile et Grégoire attaquent son arianisme violent. 

Il fait, en résumé, partie de ces grands administrateurs « légistes » des règnes de Constance II, Julien et Valens.  

PLRE I, p. 605-608.

Seeck 1906, p. 213-218 ; Dagron 1984, p. 242-244, 246-247 ; Petit 1994, p. 165-172.


O


Olympios II/3


Grand ami de Libanios, Olympios appartient à une grande famille curiale d'Antioche, les Pompeianoi : fils de Pompeianos I, il a pour frères Euagrios IV et Miccalos. Il n'a pas d'enfants.  Sa culture est littéraire et il a de l'éloquence ; il est païen. 

Sa carrière reflète bien le destin permis aux grands notables orientaux du IVe siècle : il suit d'abord la voie administrative et est nommé consulaire de Macédoine, probablement en 356. Il refuse par la suite d'autres commandements ; alors qu'il est sénateur de Rome, il fait partie de ces membres de la Haute Assemblée romaine transférés vers le nouveau Sénat, à Constantinople, pour en grossir les rangs. Libanios plaide en plus haut lieu pour faire alléger les dépenses de la préture, condition financière d'accès au Sénat, mais charge extrêmement lourde (ep. 70 à Thémistios) : il rappelle qu'à Rome Olympios était justement exempté de toutes charges. Olympios continue de résider à Antioche, malgré l'obligation faite aux sénateurs de rejoindre Constantinople. C'est dans le faubourg résidentiel de Daphné qu'il se fait bâtir une demeure magnifique, comme pour se consoler de ne pas avoir d'enfants (ep. 660). De fait sa fortune devait être assez importante, car Libanios signale qu'il a toujours aidé les curiales pauvres à exercer leurs liturgies. Il devait posséder des biens (terres) en Phénicie

Il meurt en 389 et sa succession pose des problèmes complexes : la curie exige en effet la dévolution de son héritage, en tant que membre d'une famille curiale mort sans enfant, mais Libanios avait reçu le soin de régler sa succession (Olympios avait dû le désigner comme exécuteur testamentaire), ce qui lui valut des ennuis sans fin (Or. I, 275-278 et ep. 1030, 1051).

PLRE I, p. 643-644 ; Lib., Autobiographie, 275-278.

Seeck 1906, p. 223-224 ;  Petit 1957 ; Chastagnol 1976, p. 351-352 ; Petit 1994, p. 179-180 ; Pellizzari 2017, p. 183, n. 233 ; Cabouret 2018.



Optatos II/1


Optatos est un haut fonctionnaire et sénateur de Constantinople. Préfet Augustal en 384, il devient préfet de Constantinople en 404-405 (Nov. 24 ; CTh XII, I, 160α ; CTh II, 33, 4 α). Lors de son gouvernement en Égypte, il est accusé d'avoir maltraité des curiales

Optatos se pose en défenseur d’un recrutement aristocratique du Sénat et pour cela s'oppose au recrutement de Thalassios, puis de Cimon. Il est même, d'après le sophiste, le chef de file de l'opposition au Sénat. Libanios dénonce pourtant ses origines modestes. Optatos est fils de Gaison, mais il a épousé une femme riche, ce qui expliquerait sa fortune et son ascension sociale ; il est resté sans enfant. Il est païen et a persécuté les soutiens de Jean Chrysostome (Pall., Dial. de vita S. Joh. Chris.., éd Coleman-Norton, p. 20). Il aurait été attiré par la magie et se serait servi de ses pouvoirs pour se débarrasser de ses parents et de son frère aîné. 

PLRE I, p. 649-650.

Seeck 1906, p 226-227 ; Petit 1957 ; Dagron 1984, p. 263-264 ; Petit 1994, p. 183-185.



P


Palladios XVI/14


Il est sénateur de Constantinople en 388-390. Peut-être à identifier au Palladios, préfet Augustal de 382 (CTh VII, 5, 37). Préfet de Constantinople entre 390 et 400, d'après Claudien, Epithal. 66-68.

 PLRE I, P. 14, p. 660-661. 

 Seeck 1906, p 230 ; Petit 1994, p. 189.



Palladios XVII/13


Gouverneur en fonction à Antioche en 390, soit comme consulaire de Syrie (Petit) soit comme comes Orientis (Seeck et Downey) ; selon les auteurs de la PLRE I, il aurait été successivement consulaire de Syrie en 389-390, puis comes Orientis en 391-392.

 Il est, en 392, à Constantinople où il reçoit une lettre de Libanios. Païen, il est en relation avec Tatianos, Proclos et le général Richomer. Libanios vante sa justice ; de fait, Palladios a dû trancher favorablement pour Libanios dans le règlement de la succession d'Olympios.

 PLRE I, p. 660. 

 Seeck 1906, p 230 ; Downey 1939, p. 13 ; Petit 1994, p. 189-190.



Pétros II/2


Influent à la Cour en 388 ; il serait, d’après Seeck, le futur primicier des notarii de 408 (Zosime, V, 35, 2), mais cette identification est rejetée par la PLRE II.

 PLRE II, p. 864-865. 

 Seeck 1906, p. 234 ;  Petit 1994, p. 197.



Philagrios IV/2


Notarius à la cour de Julien en Gaule. Il accompagne l'empereur dans son expédition en Perse et fait un compte-rendu des événements. Il est comes Orientis en 382 et siège à Antioche, puis se retire en Palestine. Il est de culture littéraire et païen. 

 PLRE I, p. 693. 

 Seeck 1906, p 237 ;  Petit 1994, p. 197-198.



Philippos III/4


Parent d’un autre Philippos, qui est un personnage important (peut-être Philippos I/7 ?). De culture littéraire, il a fréquenté de nombreux sophistes (ep. 967). Il a été avocat, puis fonctionnaire, sans qu’on puisse préciser dans quel officium, peut-être auprès du Sénat à Constantinople (Petit 1994). Alors qu’il occupe ce poste, Libanios sollicite pour lui l’aide de Proclos

PLRE I, p. 695.

Seeck 1906, p. 240 ; Petit 1994, p. 200.



Photios II


Fonctionnaire à la cour. On ignore presque tout de ce personnage. Libanios lui recommande les ambassadeurs de 388 ; il paraît donc chargé des affaires concernant les cités et Petit voit en lui un adjoint du préfet du prétoire Rufin contra Pellizzari qui le voit plutôt auprès du magister officiorum. Une lettre de Grégoire de Nazianze (ep. 168) peut confirmer que Photios est chrétien comme Rufin.

Seeck 1906, p. 240 ; Petit 1994, p. 201 ; Pellizzari 2017, p. 67.



Priskianos II/4


Ancien élève de Libanios, il est qualifié de « rhéteur » (ep. 1022), ce qui peut renvoyer à la profession d'avocat. Son père par ailleurs inconnu a rendu des services à Libanios. Priskianos aurait reçu une charge vers 390 : comme il est en relation avec les préfets Proclos et Tatianos, cela peut signifier qu'il est devenu assesseur du préfet Proclos (Petit 1994). Il a apporté à Libanios le diptyque consulaire que Tatianos a offert au sophiste (pour son consulat de 391) : voir ep. 1021 ; Priskianos rédige un panégyrique de Tatianos. Il est païen. 

PLRE I, p. 728. 

Seeck 1906, p. 245 ; Petit 1994, p. 210-211.



Proclos III/6


Haut fonctionnaire, fils de Tatianos I/5, Proclos est originaire de Lycie (Simyra) ; il est gouverneur de Palestine (praeses ou consulaire), puis consulaire de Phénicie, comes Orientis de 382 à 384, comes sacrarum largitionum en 386 (CTh VI, 30, 11) et préfet de la Ville de Constantinople en 388, alors que son père Tatianos est préfet du prétoire. Il assure avec ce dernier le gouvernement des provinces orientales en l'absence de Théodose entre 388 et 391. Par suite des intrigues de Rufin, selon les sources, ou peut-être pour avoir gouverné à l'insu de l'empereur Thédose,  il est destitué en 392, avec son père, et exécuté le 6 décembre 393. Il est plus tard réhabilité.

Sa culture est celle d’un juriste ; il se présente comme un amateur de discours, surtout de ceux qui font son éloge, car il se fait composer de nombreux panégyriques ; dans le cadre de sa politique de soutien aux curies, il s’oppose à l’entrée de Thalassios et de Cimon au Sénat de Constantinople, ce qui irrite fortement Libanios. Proclos est aussi animé par la passion des constructions, ce que Libanios lui reproche violemment à propos de l’agrandissement du plèthre à Antioche (Or. X, passim). C'est aussi à Antioche qu'il fait construire ou aménager des routes, des rues à portiques, des bains et des forums. Il institue une taxe sur les étals placés entre les colonnes des portiques pour aider les décurions pauvres soumis aux liturgies (Or. 26, 20-23).

Libanios tient un double langage à propos de ce personnage, le louant dans ses lettres et protestant de son amitié à son égard, mais l’attaquant violemment dans ses discours, où il le surnomme Κόκκος, le « pépin » (Or. XXVI, 30 ; XXVII, 13, 30, 39, 41 ; XXIX, 10).


Voir Dossier Proclos

 PLRE I, p. 746-747.

 Seeck 1906, p. 248-250 ; Petit 1955, p. 277-278 ; Dagron 1984, p. 255-257 ; Petit 1994, p. 213-217. 



Procope/Procopios


Usurpateur romain. Né en Cilicie en 326, mort en 366. Cousin de l'empereur Julien selon Ammien Marcellin. Il combat auprès de cet empereur en 363. Zosime rapporte que Julien l'aurait désigné comme son successeur, mais cette affirmation est sujette à caution et relève vraisemblablement de la propagande de Procope. Il essaye en effet de revêtir la pourpre en 365, profitant de l'absence de l'empereur Valens, parti combattre les Sassanides, et s'appuyant sur les vétérans de Julien ; il est battu et éliminé par Valens en  366. Il est païen.

PLRE I, P. 4, p. 742-743. 

M. Bartolini, « Procope (325-366 ap. J.-C.) d'après Ammien Marcellin », Histoire antique 31, 2007, p. 62-67 ; Sotinel 2019.



Procopios III/3


Notarius, sans doute celui que Jovien envoie en Occident annoncer son avènement et que mentionne Ammien Marcellin (XXV, 8, 8, 10) ; il est formé à la tachygraphie, mais Libanios ne dit rien de sa culture littéraire. Il a reçu l'estime de plusieurs empereurs, Constance, Julien et Valens. Il est devenu sénateur sous Théodose. Vraisemblablement païen.

PLRE I, p. 742.

Seeck 1906, p. 247 ; Petit 1994, p. 212-213.


R  


Romulos


Curiale d'Antioche et ami de Libanios qui le recommande à Modestos dans ep. 38 de 357. Bien qu'appauvri, il est contraint par Eustathios à exercer la sitegia, liturgie ruineuse (transport de blé pour le service public). Eustathios ne l'en dispensera qu'à condition qu'il calomnie Libanios en l'accusant d'avoir recours à la mantique pour connaître le nom du successeur de Théodose, au cours de l'été 388, alors que la victoire de l'empereur sur Maxime n'est pas encore assurée.

Seeck 1906, p. 420 ; Petit 1955.





Rufin-Rouphinos XII/18


Rufin (Flavius Rufinus dans les inscriptions) est un haut fonctionnaire d’origine gauloise, donc latinophone ; juriste de formation, il suit sans doute une carrière administrative, dont on ignore les étapes, jusqu'à être nommé magister officiorum en Occident en 388 ; il est préfet du prétoire d’Orient à partir d’août 392, poste auquel il remplace Tatianos dont il a précipité la chute (il a fait exiler Tatianos et exécuter son fils Proclos). Il est consul en 392. 

Rufin ne connaissait pas le grec en 388 et a eu besoin de traducteurs pour se faire lire la lettre reçue de Libanios peu après sa nomination comme préfet (ep. 865). En 393, à l’occasion de la visite de Rufin à Antioche, Libanios signale qu’il a appris le grec (« puisque tu possèdes notre langue » ep. 1106, 5 ) : ses fonctions l’y contraignaient, mais la présence d’un homme de culture comme Zénon dans son cercle rapproché suggère qu’il avait besoin d’assistants pour pratiquer et écrire cette langue. Rufin est chrétien et poursuit violemment les tenants du paganisme ; il sert d'intermédiaire entre Théodose et Ambroise dans les mois qui suivent le massacre de Thessalonique, quand l'évêque exige que l'empereur fasse pénitence ; le maître des offices y gagne la confiance renforcée du prince, dont la politique antipaïenne se durcit : deux des lois de 391 et 392 interdisant le paganisme sont adressées au préfet Rufin (CTh. XVI, 10, 12 et 10, 13).

Lors de son séjour à Antioche sur ordre de l'empereur Théodose il fait exécuter le gouverneur Loukianos dont les Antiochéens appréciaient l'intégrité. Pour restaurer son image auprès d'eux, il engage les travaux de construction d'un portique, dit « basilique de Rufin ». Il cherche à se ménager les élites municipales et intellectuelles et rencontre Libanios à l'occasion de cette visite (ep. 1106 et 1111). Libanios vante, dans des lettres adressées à des membres de l'entourage de Rufin, ses qualités de gouvernement et de justice ; il le flatte, en bon courtisan, même s’il n’apprécie pas le personnage à qui tout l'oppose. Il projette même de rédiger son panégyrique. Aucune trace n'en a été conservée, soit que le projet n'ait pas été réalisé du fait de la santé de Libanios on situe sa mort en 393 soit que le texte ait été perdu. 


Voir dossier Rufin

PLRE I, R. 18, p. 778-781.

Seeck 1906, p. 255-262 ; Dagron 1984, passim, en partic. p. 256-257 ; Petit 1994, n° 262, p. 222-224 ; sur les lois concernant le paganisme, voir Lois religieuses I, 2005.


S


Sévérinos II/3


Ancien élève de Libanios et païen. Il occupe une charge prestigieuse en 388 : comes rerum privatarum, puis devient comes sacrarum largitionum en 390-391. Il a dû soutenir Libanios au moment où celui-ci était soupconné de souhaiter la victoire de Maxime.

PLRE I, p. 830-831. 

Seeck 1906, Severinus II, p. 274 ; Delmaire  1989, p. 117-120 ; Petit 1994, p. 229.



Sophronios I/3 


Ce personnage est originaire de Césarée de Cappadoce où il réside toujours en 388-390, date des lettres que lui adresse Libanios (ep. 883 et 924). Il est notarius sous Valens, magister officiorum avant 379 et préfet de Constantinople avant 379 ou un peu après. Il appartient au Sénat où il a de l’influence. Il est chrétien et est connu par des lettres de Basile et de Grégoire de Nazianze. 

PLRE I, p. 847-848. 

Seeck 1906, p. 279-280 ; Dagron, 1984, p. 251 ; Petit 1994, p. 232-233.


T


Tatianos I/5  


Haut fonctionnaire, Tatianos (dans les inscriptions : Flavius Eutolmius Tatianus) est originaire de Sidyma en Lycie. Plusieurs inscriptions d’Asie Mineure le concernent, dont une de Sidyma qui retrace toute sa carrière (IGC 2932  ,TAM II, 186-187 selon Feissel) : de formation juridique et littéraire, il est d’abord avocat et assesseur d’un praeses, d’un vicaire, d’un proconsul et de deux préfets. Il obtient par la suite des postes de commandement : praeses de Thébaïde, puis préfet Augustal (367-370), consulaire de Syrie, comes Orientis entre 370 et 374, comes sacrarum largitionum (374-380). Il semble qu’il se soit retiré en Lycie dans les années 380 ; en 388, après la mort de Cynégios, il est nommé préfet du prétoire d’Orient (388-392) et son fils, Proclos, préfet de Constantinople. En 391, il partage le consulat avec Symmaque. Pendant l'absence de Théodose, parti en Italie, le père et le fils assurent le gouvernement des provinces orientales (se comportant peut-être comme « de véritables vice-empereurs », Sotinel 2019). Tatianos est renversé par Rufin à l’automne 392, banni et privé de ses biens tandis que son fils est exécuté. Leur patrie subit les conséquences de cette disgrâce : tous les Lyciens sont privés du droit de devenir fonctionnaires. Tatianos est néanmoins réhabilité en 396.

Sa politique est favorable aux cités et aux curies : il est sans doute responsable de la loi qui obligeait les fils de famille curiale à demeurer dans leur patrie quels que soient les honneurs reçus (CTh XII, 1, 122) ; il opère un large recrutement de fonctionnaires, païens et juristes. Comme son fils Proclos plus tard, il fait construire des bâtiments à Antioche : il est également connu pour son activité bâtisseuse à Alexandrie.

Il est païen et mène une politique antichrétienne, comme en témoigne son abondante législation. Cependant nombre de ses lois ont été abolies après sa chute.

Outre un fils, Proclos, Tatianos a eu une fille dont le fils reçoit également le nom de Tatianos et qui devient préfet de la Ville de Constantinople vers 450. 


Voir Dossier Tatianos

PLRE I, p. 876-878.

Robert 1948, p. 21-23, 47-53 ; Petit, 1955, p. 366-368 sur ses constructions à Antioche ; Dagron 1984, p. 255-257 ; 288-289 ; Petit 1994, p. 240-243.



Thalassios IV/4


Ce personnage joue un rôle important dans la vie de Libanios ainsi que dans la diffusion de l’œuvre du sophiste. Traditionnellement considéré par l’historiographie comme « l’assistant » du professeur, il mérite d’être étudié avec attention, car il a occupé plusieurs fonctions auprès de lui. 

Thalassios est entré au service de Libanios après la mort d'un certain Maxime, évoqué dans ep. 1217 (année 364). Maxime occupait auprès de Libanios une double fonction. Tout en l’assistant dans sa classe de rhétorique - « il consacrait son service et ses peines à tenir mon troupeau » (Or. I, 184) -, il faisait aussi office de secrétaire personnel de Libanios en étant le « gardien » des discours composés par le sophiste en vue de démonstrations publiques (Or. XLII, 3), c’est-à-dire qu’il  les copiait en vue de les archiver et de les diffuser. Ainsi, dans ep. 127, Libanios écrit à son correspondant que s’il n’a pas reçu ses discours c’est que Maxime était dans l’incapacité de s'en occuper - les copier pour les lui envoyer -, car il partageait son chagrin, l’année - 364 - ayant été marquée par de nombreux deuils. Thalassios a remplacé Maxime et s’est magnifiquement acquitté de cette tâche puisqu’il s’est montré « de beaucoup supérieur en toutes choses à son prédécesseur » (Or. XLII, 3). Il occupe la même double fonction auprès de Libanios : les substantifs phylax/φυλακὴ qui se réfèrent au travail de secrétaire sont employés pour les deux hommes. Par ailleurs, ep. 924, 2 révèle que Thalassios pouvait avoir à relire et à corriger les discours de Libanios pour les améliorer (« Il met ses efforts à embellir mes travaux :  il est une sentinelle pour les discours que je compose, corrigeant une quantité non négligeable de défauts là où je montre des faiblesses »). Le rôle d’assistant scolaire de Libanios est évoqué dans ep. 937, 2 : Thalassios encadre et surveille les travaux des élèves qui avaient au préalable reçu l’enseignement plus théorique du maître (« Vous devez absolument nous être reconnaissants à moi et à Thalassios pour la culture littéraire que vous avez reçue et que vous possédez, à moi qui enseignais et à lui qui vous encourageait et vous exhortait à mettre du cœur à vos travaux. ») En outre, on déduit d'ep. 929, 2 que Libanios se déchargeait sur Thalassios de toutes les tâches qui le détournaient de la rhétorique (« c’est grâce à lui que je me suis tout entier consacré à la rhétorique, Thalassios prenant sur lui le soin du reste. ») 

La relation des deux hommes est empreinte d’une profonde amitié comme Libanios le souligne à bien des reprises. Thalassios fait preuve d’une grande fidélité au sophiste et demeure à ses côtés jusqu’à sa mort comme le révèle la correspondance de l’année 392. 


Voir dossier Thalassios

PLRE I, p. 888-889 ; PGRS, n° 1004, p. 352-353.

Seeck 1906, p. 291 ; Dagron 1984, passim, en partic. p. 155-158 ; Cabouret 2011, p. 127-132; Pellizzari 2017.



Théodoros IX/17


Ce personnage « occupe certainement un poste à la cour » (Petit 1994) : peut-être est-il haut fonctionnaire près du maître des offices, Rufin, en 388, ou dans l'officium du préfet du prétoire. Il est sénateur de Constantinople. En 393, il semble avoir perdu puis recouvré son poste (mais lequel ?) : comme il est « de nouveau puissant », Libanios lui recommande quelqu'un. Il est de culture littéraire, mais sa religion n'est pas connue (chrétienne suggère Petit, 1994). 

PLRE I, p. 899.

Seeck 1906, p. 310 ; Petit 1994, p. 252-253.



Théodose I


Flavius Theodosius Augustus, dit « Théodose le Grand », est un empereur romain qui règne de 379 au 17 janvier 395, date de sa mort. C’est le dernier empereur romain d’un empire unifié. Né en 347, il est d’origine espagnole (Cauca, près de Ségovie) et fils du général Théodose. Il est de langue et de culture latine et a fait, dans le sillage de son père, une carrière militaire. En 379, à la suite de la défaite d’Andrinople (378), il est nommé Auguste pour la partie orientale par Gratien, premier Auguste. Ce dernier règne en Occident avec le jeune Valentinien II, deuxième Auguste. Théodose reste seul empereur en 392 à la mort de Valentinien II. Il épouse en premières noces Aelia Flacilla, dont il a deux fils, Arcadius et Honorius, et, en secondes noces, Aelia Galla, dont il a une fille Galla Placidia. 

L’œuvre de Théodose est diversement jugée ; son action religieuse est celle d’un chrétien fervent : c’est sous son règne que sont promulguées les lois mettant fin aux cérémonies publiques du paganisme et instauré le christianisme catholique comme seule religion licite. Il est fortement soumis à l'influence de l’évêque de Milan, Ambroise ; celui-ci, voulant jouer un rôle de directeur de conscience, lui fait repousser la requête du Sénat romain de restaurer l’autel de la Victoire dans la curie, puis l’oblige à faire pénitence après le massacre que le prince avait laissé se perpétrer contre la population civile de Thessalonique, en 390. 

En matière de défense de l’empire, Théodose doit résister à la pression des peuples frontaliers qui menacent son intégrité : il mène une campagne en Macédoine contre des barbares en 391. C'est sa seule campagne militaire. Quant aux Goths, il avait signé avec eux, en 382, un foedus qui les installait à l’intérieur même des frontières, avec le statut de fédérés. Cette mesure a été très diversement jugée. Il signa également une paix avec les Sassanides en 387. 

Après avoir lutté contre l’usurpation de Maxime en Occident (383-388), il met fin à l’usurpation d’Eugène (392-394), un intellectuel païen élevé à l'empire. Théodose tente également – mais au prix d’une dévaluation – de rétablir les finances que les dépenses militaires mettaient à mal ; il favorise les constructions à Constantinople (remparts, aqueduc, nouveau port, forum Tauri) et renouvelle le paysage religieux de la ville. C’est dans la capitale qu’il passe la plus longue période de son règne et est enterré, dans l’église des Saints-Apôtres.

C'est sous le règne de Théodose que Libanios compose ses discours les plus politiques et les plus engagés, prenant la défense de causes qui lui tiennent particulièrement à cœur (par exemple, défense des prisonniers ; plaidoyer pour les temples...)  et pour lesquelles il fait montre d'un réel courage. On ne sait cependant si tous ces discours furent réellement publiés, c'est-à-dire connus en dehors du cercle étroit de ses familiers, et s'ils pénétrèrent les cercles de la cour. 

Maraval 2009 ; Lançon 2014 ; Malosse 2014 ;  Sotinel 2019, p. 413-446.



Théophilos V


Rhéteur, originaire de Palestine. Il a formé les enfants d'Hésychios. Il a été collaborateur de Libanios dans les années 390. Il s'est montré très présent auprès du sophiste lors de la mort de Calliopios et de Cimon, en 391-début 392. En 393, il est rentré en Palestine.


Il reçoit la lettre 1075 (393). Il est cité dans les lettres 946, 958, 1040, 1051, 1064, 1084, 1085 et 1106.

Seeck 1906, p. 312.



V


Valens


Empereur romain qui règne de 364 à 378. Flavius Iulius Valens Augustus est le plus jeune frère de Valentinien Ier, qui règne en Occident (364-375) et confie dès lors l'Orient à Valens. Ils sont originaires de Pannonie. Le règne de Valens est marqué par l'usurpation de Procope (365-366) et par les menaces que font peser les Goths aux frontières nord de l'Empire. Il doit aussi lutter contre les Perses (campagne de 373) et demeure plusieurs années à Antioche, base arrière des campagnes orientales. Il permet finalement au peuple goth des Tervinges de s'installer sur les terres fertiles de Thrace, mais le traitement et les humiliations qui  sont réservés aux « barbares », en dépit des ordres de l'empereur, déclenche la guerre. Valens est battu et meurt avec les deux-tiers de son armée lors de la bataille d'Andrinople en 378. De confession arienne, il combat les Nicéens, mais s'en prend surtout aux milieux intellectuels païens auxquels il attribue des pratiques divinatoires et magiques. Libanios connaît sans doute sous ce règne une période difficile, mais son témoignage nous échappe largement, car bien peu de ses écrits ont alors survécu.

Lenski 2002.



Vitalios


Sénateur de Constantinople. Peut-être à identifier à un Vitalios qui fut proconsul d’Asie en 364 (ep. 1231) et qui fut accusé, en 363 sous Julien, de l’incendie du temple d’Apollon à Daphné (cf. ep. 1376). Ce dernier était chrétien, ce qui n’empêcha pas Libanios de prendre son parti face à cette accusation. Son père avait autrefois aidé Libanios dans une affaire inconnue en parlant à « l’empereur » (Constance ou Valens ?). O. Seeck refuse l’identification et pense qu’il faut distinguer deux Vitalios.  

PLRE I, Vitalis 3, p. 970 et Vitalius, p. 971. 

Seeck 1906, p. 314. Contra Petit 1994, p. 262-263 et Pellizzari 2017.


Z


Zénon IV/7


  Connu, à la fin du IVe siècle, dans l’entourage de Rufin. Originaire de Cappadoce, ancien élève de Libanios et condisciple de Firminos, il est de culture littéraire : il a connu des succès comme rhéteur à Athènes, Rome et Constantinople (ep. 1061). Libanios dit de lui qu’il « vit dans les livres ». Remarqué par Rufin alors que celui-ci était magister officiorum (entre 388 et 392), il aurait mis à son service ses compétences en grec et en rhétorique. Son séjour à Rome (où il aurait connu des succès rhétoriques) est sans doute lié à la venue de Rufin en Italie, qui y accompagne Théodose lors de sa campagne contre Maxime en 388. Zénon reste dès lors étroitement associé à Rufin, nommé, en 392, préfet du prétoire d’Orient. Il revient avec lui à Constantinople où Libanios lui adresse deux lettres en 392. 

Après la mort de Théodose (janvier 395), Rufin joue le rôle de régent auprès du jeune Arcadius jusqu’à ce qu’il soit assassiné sur ordre de Gainas en novembre 395. On ne sait rien du destin ultérieur de Zénon après la disparition de son patron. Contrairement à ce dernier, il est païen.


Il reçoit les lettres 1052 et 1061.  

PGRS, n° 1093, p. 384.

Seeck 1906, p. 315.