Lettre 1052
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Année 392 Lettre adressée à Zénon, ancien élève de Libanios. |
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Ζήνωνι
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à Zénon 1. Pour moi, je pense que la Renommée aussi est fille de Zeus et Zeus a bien agi en nous permettant également aux uns et aux autres de connaître nos situations, même si nous sommes très éloignés1, comme c’est le cas pour nous qui connaissons ta situation alors que nous avons entre nous bien des montagnes et une mer. 2. Cette divinité nous a appris que tu étais admiré chez les Grecs2 pour ton intelligence et ton éducation, que tu étais craint par les sophistes lors des démonstrations oratoires des sophistes, et que tu me procurais une meilleure réputation3, car ceux qui font ton éloge demandent quelle source t’a rendu si éloquent4 et ceux qui le savent disent ce que tu sais5. 3. La Renommée qui accomplit sa mission, apporte ici une seconde nouvelle plus belle encore : tu as la réputation d'être efficace6 auprès du préfet plein de sagesse, qui vit dans la justice et qui, grâce à sa science du gouvernement, sauvegarde maisons, cités, familles, îles et continents7. Ce sont eux qui demandent – et les dieux les entendent – que l’excellent Rufin parvienne à la vieillesse en conservant sa position actuelle, son siège et la bienveillance du très divin empereur. 4. Je suis moi-même de ceux qui adressent ces prières, et plus encore que n’importe qui d’autre ; il n’y a rien d’étonnant à ce qu’il en soit ainsi, après tous les honneurs que j’ai reçus8 : j’en ai bien conscience. |
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1. Autre traduction possible : « même si une grande distance nous sépare ». 2. Libanios désigne le monde hellénophone en général ou celui de la culture : Zénon siège à Constantinople auprès de Rufin. 3. Zénon a été l’élève de Libanios et donc sa réussite et ses talents oratoires renforcent la réputation du professeur. 4. Le grec dit littéralement « si grand », ici en matière d’éloquence. 5. À savoir que Libanios est la source en question. 6. Le grec dit ἀγαθὸν : Zénon a la réputation d'accomplir un bon travail auprès de l'empereur. 7. Dans cet éloge avec effet d’accumulation et de gradation pour évoquer le monde dans son universalité (voir aussi ep. 940), Libanios emploie l'image du salut (σώζειν) apporté à tous par la politique du préfet. Ce lexique est fréquent chez lui : voir Pellizzari 2011b. 8. Allusion en particulier aux attentions que Rufin lui a manifestées lors de sa visite à Antioche. Voir ep. 1106. |