Lettre 906
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Année 388 Lettre en faveur d'Eusébios, le sophiste : sa maîtrise de la rhétorique lui a permis de composer de nombreux panégyriques, notamment en l'honneur de Théodose et d'Arcadius. Libanios plaide donc pour qu'il conserve son statut de sophiste immune. On se trouve ici dans le même contexte qu'en ep. 904, 905, 907, 908, 909. |
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Πρόκλῳ
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à Proclos 1. Celui qui a écrit et a délivré1 de nombreux discours - tous lui ont valu d’être applaudi et surtout ceux qu’il a composés en ton honneur - est dépossédé de sa condition et de l’immunité que cette condition lui accorde : on veut lui imposer de siéger au conseil au lieu d’enseigner, ce qui s’oppose aux décisions du conseil et à celles du très divin empereur2 ; les décrets3 de l’un et de l’autre existent et si ton père4 ordonne de les présenter, il les présentera. 2. Pour conserver intacte la réputation que vous avez, toi et lui, d’aimer l’éloquence, pour me conserver le collaborateur dont l’aide me fait oublier ma vieillesse5, indigne-toi et ne laisse pas une action aussi impie trouver son commencement pendant vos commandements6. |
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1. Le verbe διδάσκω est plutôt rare dans le sens de « délivrer un discours en public ». Ici, ce sont pourtant bien les qualités oratoires d'Eusébios que Libanios mentionne même si on peut déceler dans le choix de ce verbe une allusion à son activité d'enseignant. 2. Les professeurs, comme d'autres professions, bénéficiaient d'une immunité des charges curiales. 3. Littéralement les « écrits » (γράμματα), cf. ep. 905, 2 et 907, 3. 4. Tatianos. 5. Eusébios assistait Libanios dans son enseignement. 6. Il s'agit ici pour Proclos de la préfecture de la Ville et pour Tatianos de la préfecture du prétoire. On notera le jeu sur la polysémie du terme ἀρχή qui signifie tout aussi bien « commencement » que « commandement ». |