Lettre 941
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Année 390 Nouvelle lettre en faveur d'Éréthios, inconnu, qui a subi une injustice (cf. ep. 940 à Proclos). Libanios a servi d’intermédiaire entre Éréthios et Tatianos. |
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Τατιανῷ
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à Tatianos 1. J’avais d’abord promis à Éréthios, qui me le demandait, de lui donner une lettre de ma main à ton attention ; je lui avais dit que je lui saurais gré de la porter, mais le temps passant, j'arrêtais de dire que je la lui donnerais et je lui demandais de ne pas m'y forcer. 2. À lui j’ai dit ce qui m’en empêchait et la raison de ce changement, mais à toi je ne pourrais le dire même dans une lettre1 ; aussi suis-je honteux de ma conduite, conscient que je n'ai subi aucun préjudice alors qu’un ami2 n’a pas su ce qu’il aurait dû savoir le premier3. 3. Moi je m’en tiendrai là, mais écoute celui que tu as à tes côtés, il te dira ce qu’il en est4. |
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1. Le revirement de Libanios, qui ne souhaite pas écrire à Tatianos, ne met pas en cause Éréthios, mais s'explique sans doute par un refroidissement des relations avec Tatianos, lié à l'affaire Thalassios. Le rhéteur n'oserait exprimer ouvertement - par écrit - sa déception au puissant personnage. 2. Tatianos est ici qualifié d'ami, par convention épistolaire, mais aussi par sincérité eu égard à tout ce qui les réunit : cf. ep. 990. 3. Tatianos aurait dû recevoir en premier l'expression de la gratitude d'Éréthios ; Libanios s'excuse de l'en avoir privé et se dit honteux d'avoir retardé cet envoi. 4. Précision qui confirme le rôle du porteur, le véritable messager. On peut s'interroger sur la fonction de cette courte lettre : est-elle simplement un billet de la main de Libanios pour introduire Éréthios qui délivre son message, sans doute ses remerciements à Tatianos ? On notera que si la lettre précédente exprime bien à Proclos la gratitude du rhéteur, qui parle au nom de son ami, cette lettre-ci ne le fait pas directement à l'égard de Tatianos. |